Série 1 #MesAstucesCréa n°4 : Diriger ok, mais avec quel statut ?

Série 1 #MesAstucesCréa n°4 : Diriger ok, mais avec quel statut ?

Temps de lecture : 5 minutes

Bonjour à tous, on se retrouve aujourd’hui pour savoir comment choisir votre statut de dirigeant. Avant de choisir votre statut, vous devez vous poser les bonnes questions. Le choix de statut se fait après avoir fait votre BP (business plan) et votre prévisionnel, car à ce moment-là, vous avez répondu aux questions ci-dessous et vous savez vers quoi va tendre votre entreprise.

Les pré requis pour entreprendre : 

  • Volonté et personnalité 
  • Le but de ma création, quelles sont mes motivations ?
  • Suis-je prêt(e) à être sur tous les fronts (plusieurs casquettes)? 
  • Suis-je conscient(e) des risques encourus ? 
  • Suis-je certain(e) de n’avoir rien oublier avant de démarrer mon activité ? 
  • Quel sera mon rôle et mes tâches ?
  • Aie-je le soutien et l’encouragement de mes proches ? 

Les pré-requis pour m’associer : 

  • Volonté et personnalité : moi et mes associés 
  • Motivations de chacun
  • Complémentarité des associés 
  • Pourquoi m’associer ? Quels sont les risques de cette association ? 
  • Fiche de poste de chacun bien détaillée

Nota Bene : Il est primordiale de faire un Pacte d’associé auprès d’un avocat et non sur internet. Au début tout est beau, mais malheureusement il peut avoir des tensions avec votre associé et ce même si, votre associé est votre soeur, frère, parent, meilleur ami. Au début vous êtes sous la même longueur d’ondes, vous êtes lucide, vous reconnaissez de manière objective les missions de chacun et ses apports dans l’entreprise. Le Pacte d’associé est un document privé, accessible seulement par les associés, contrairement au statut d’entreprise disponible sur internet. Le Pacte d’associé permet de savoir qui apporte quoi, qui fait quoi, qui rentre dans l’entreprise, comment vous sortirez de l’entreprise et qui est le président de l’entreprise. Le 50-50 est dangereux et coulera votre boîte, pourquoi ? Face une problématique, qui prendra la décision finale, si aucun de vous deux n’est accord ? Comment trancher ? Ne pas prendre de décision rend statique l’entreprise, or une entreprise est par définition toujours en mouvement ! De plus, les banques prêtent rarement aux associés à 50-50 pour cette même raison.

Le choix de votre statut va dépendre de vos réponses suivantes : 

  • Dimension de votre projet :   Créer seul ou à plusieurs / Projet à tendance associatif ou lucratif 
  • Votre situation personnelle : Marié/Pacsé (contrat de mariage) est ce que votre conjoint(e) vous soutient et vous encourage dans votre projet ? Quel sera son rôle ? / Enfant de – 3ans ou + / Crédit à la consommation / Dettes fiscales, sociales, judiciaires, bancaire 
  • Votre situation professionnelle : CV : Actuel/passé /  Diplôme, formation bénévolat / Stabilité professionnelle 
  • Votre situation patrimoniale : Sociétés / Propriétaire de maison, appartement… / SCI / Immobilisations financières
  • Votre Projet : Activité réglementée / Investissement important au démarrage / Local / les risques liés à l’activité 
  • Votre situation médicale 

En fonction de vos réponses, vous allez pouvoir savoir vers quel statut vous orienter. 

Il y a deux grandes familles de statuts.

Les entreprises individuelles comme l’intitulé l’indique, concernent les créations à une seule personne, le nom de l’entreprise est le nom propre du dirigeant. L’entreprise peut avoir un nom commercial. On parle alors de personne physique. 

Les entreprises commerciales concernent les créations à une ou plusieurs personnes, le nom de l’entreprise est un nom commercial. On parle alors de personne morale. 

Les deux grandes différences entre les deux concernent votre responsabilité civile et/ou pénale, et votre couverture sociale. 

Pour les entreprises individuelles, il y a aucune limite, vos biens personnels sont engagés dans l’entreprise. Pour les entreprises commerciales, votre responsabilité civile et/ou pénale est limitée à votre apport sous réserve de la faute effectuée. Concernant la couverture sociale, prise en compte grâce aux prélèvements sociaux sur votre salaire, varie du simple ou double en fonction du statut.

En entreprise individuelle, les charges sociales sont régies par le régime des Travailleurs Non Salariés (TNS), le taux de charges sociales est de 45% environ (le taux est plus faible pour le statut des auto-entrepreneurs), soit pour un salaire net de 1000€, l’entreprise devra payer 450€ de charges sociales. En entreprise commerciale, vous êtes assujettis au régime des TNS si vous êtes actionnaire majoritaire en EURL/SARL, soit un taux de 45%, et au régime général si vous êtes en SASU/SAS, soit un taux de 80%. Ainsi, pour un salaire net de 1000€, l’entreprise en SASU/SAS devra payer 800€ de charges sociales.

L’écart des cotisations sociales entre les statuts engendra forcément un écart en terme de remboursement, à vous de choisir en fonction de vos besoins de santé.

Voici le panorama non exhaustif des entreprises françaises : 

Notez que l’EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est la « petit soeur » de la SARL (Société à responsabilité limitée), les deux fonctionnent quasiment de la même manière. L’EURL est pour créer seul(e), la SARL pour minimum deux personnes. 

De même pour la SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) qui est la petite soeur de la SAS (Société par actions simplifiée). EIRL, Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée. 

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de statut unique, sinon j’inviterai tous mes porteurs à s’immatriculer sur le même statut. Chaque statut répond à des besoins spécifiques. 

Clairement le statut d’auto-entrepreneur est un statut de court terme, le but de le choisir est de tester votre activité et de prendre le moins de risque possible et dépenser moins, car ce statut est gratuit et simple de gestion. Contrairement aux statuts des entreprises commerciales ayant des formalités payantes et plus engageantes. 

Ainsi au bout de 3 ans, vous êtes censés pourvoir changer de statut en passant par une EURL/SARL ou SASU/SAS, en fonction de l’évolution de votre entreprise. 

ATTENTION ne pensez pas qu’avec le statut d’auto-entrepreneur, vous êtes responsable de rien. Chaque statut engage un minimum votre responsabilité civile. J’ai vu une porteuse qui a failli perdre sa maison en micro-entreprise (anciennement auto-entrepreneur) car elle n’avait pas payé son URSSAF. 

Mon conseil, dès lors que vous avez des problèmes de trésorerie, surtout en ce moment, contactez vos prestataires afin de leurs expliquer la situation et de pouvoir mettre en place un report de dette, un échéancier afin d’éviter une liquidation.  Surtout ne faites pas la politique de l’autruche et ouvrez votre courrier ! Un liquidateur m’a dit une fois avoir reçu un chef d’entreprise avec deux grands sac bleu d’Ikea contenant toutes les lettres de relances qu’il n’avait jamais ouvert…. 

Je vous invite à vous inscrire à mon atelier « Quel statut choisir ? » où je vous explique les différences entre les statuts afin que vous puissiez comprendre quel statut vous correspond le mieux. 

Citation du jour

La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire.

 Abbé Pierre 

Je vous remercie de m’avoir lu, j’espère que j’ai été assez claire si vous avez des questions, ou des thématiques que vous souhaitez que j’aborde, mettez-les-moi en commentaire, j’y répondrai le plus rapidement possible. 

Si vous avez appréciez cet article, partagez-le pour qu’il aide un maximum de personnes. 

On se retrouve demain à 18H pour mon article #MesAstucesCréa n°5 : Mon local de rêve 😍🤩😍 !

Bonne soirée !

Ilana

Ilana